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Bénin: l’avocat de Patrice Talon, promu président de la Cour Constitutionnelle

Publié le : 08/06/2018Auteur : AFRIKATVCatégorie : Articles - Politique

Chaque jour, le Président de la République du Bénin, Patrice Talon muscle son pouvoir.  Sur l’échiquier institutionnel l’homme avance, confiant et serein. Presque tous les pouvoirs sont désormais concentrés aux mains d’un seul homme dont les victoires surprennent et laissent le peuple béninois dans l’attente d’un hypothétique espoir de meilleurs lendemains.

Un monstre à trois têtes !

Après l’hémicycle, la Justice, Patrice Talon vient de conquérir encore la Cour constitutionnelle qui est la plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle. En effet, les 7 membres de la Cour sont connus. Parmi eux, figure Joseph Djogbénou, l’ex Garde des Sceaux et avocat personnel de Patrice Talon. Il se retrouve à la tête de l’Organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics. Croquignolesque !

Dès lors, toute conscience équilibrée devra se poser une question: la Cour constitutionnelle de Djogbénou aura-t-elle les coudées franches pour trancher avec impartialité certains abus de l’Exécutif dont elle est inféodée? A cette interrogation, certains répondront que les décisions rendues par la Cour, n’émanent pas que d’un seul homme fut-il Président de l’institution ; la Cour compte 7 membres dont 4 sont désignés par l’assemblée nationale et 3, par le Président de la République. Certes, cet argument ne manque pas de pertinence. Mais ce qu’il faut avoir constamment à l’esprit, c’est que la voix du Président de la Cour constitutionnelle compte pour double dans les décisions rendues. C’est pourquoi, il est légitime de s’interroger sur la crédibilité et la neutralité de cette nouvelle Cour qui s’installe.

Qui est Joseph Djogbénou ?

Joseph Djogbénou est né le 20 mars 1969 à Abomey. Il y a bien longtemps que cet illustre avocat de 49 ans, est l’un des hommes forts du dispositif de Patrice Talon. Les béninois l’ont surtout remarqué lorsqu’il a évité à Hamani Tidjani, un nigérien à la réputation de criminel transfrontalier, la peine de mort qui devait lui était réservée au Nigeria. Il a aussi défendu Johannès Dagnon, homme de confiance de l’actuel président béninois, expert-comptable franco-béninois détenu par le passé à la prison civile de Parakou, pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État. L’ayant défendu brillamment dans l’affaire de tentative d’empoisonnement de Boni Yayi alors Président de la République, cet Agrégé de Droit a définitivement gagné l’estime de Patrice Talon. Au lendemain de l’élection présidentielle de Mars 2016 qui a porté Talon au pinacle, Joseph Djogbénou devient très tôt le Garde des Sceaux. Un portefeuille qu’il occupera jusqu’à sa désignation par l’assemblée nationale pour siéger à la Cour constitutionnelle. (Signalons qu’il a aussi été élu député, ce qui justifie d’ailleurs sa désignation par la représentation nationale). Voilà donc un homme entièrement acquis à la cause du Président Talon qui se retrouve à la tête de l’instance qui juge la Constitutionnalité de la loi et garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés fondamentales. Que peuvent espérer les béninois d’un homme d’une telle coloration politique ? Que peuvent-ils attendre de Joseph Djogbénou qui n’est rien d’autre qu’un pion essentiel dans le dispositif mis en place par Patrice Talon lui-même pour étendre ses ramifications politiques sur fond de caporalisation institutionnelle à la Staline? Le récent passé de ce docile disciple alimente bien cette réflexion. En tant que Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou a toujours transformé la Justice en un réglement de compte vis-à-vis de tous ceux qui s’opposent au régime du Nouveau départ. Les preuves abondent.

Joseph Djogbénou, l’homme aux échecs cuisants !

Le nouveau président de la Cour n’avait pourtant pas réussi sa mission au sein de l’exécutif béninois. Il avait essuyé de mémorables défaites en tant que ministre de la Justice.
Ce dernier avait des envies qu’il n’avait pas pu faire passer à l’assemblée nationale : la révision de la Constitution par exemple. Que dire du retrait du droit de grève aux travailleurs que la Cour de Théodore Holo a fini par casser en raison de sa non conformité à la Constitution du Bénin? En tenant compte de ces deux éléments on se demande si Joseph Djogbénou n’est peut-être pas un boulet que le président béninois a fini par mettre au garage à la Cour Constitutionnelle ? Au regard de ce qui précède, le nouveau président de la Cour constitutionnelle a désormais clairement le champ libre pour assouvir ses vieux désirs et ceux de son bienfaiteur, et mentor Patrice Talon? De toute évidence, le temps nous édifiera.

Le peuple béninois attend de voir si cette nouvelle Cour fera triompher la Loi ou se laissera entraîner par la vague tumultueuse d’un Gouvernement, que ses détracteurs disent, obnubilé par les réformes (souvent aveugles) dans tous les secteurs.

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